La " Montagne de l'âme" ? (d'après un titre de Gao Xingjian)

Publié le 4 Août 2015

Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.
Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.

Couverture de "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian (ed l'aube poche, 2000.) Photos prises à Chamechaude par Régis Roux en août 2015.

Beaucoup de moments vécus sont des rencontres. Pour moi, Il s'est trouvé que dans le même temps un livre et une montagne m'offrent un jour nouveau. Je découvrais "La Montagne de l'âme" de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature 200, lorsque je retournai à Chamechaude, en Chartreuse, ce massif où l'ordre monastique portant le même nom a été fondé par saint Bruno voici mille ans; et ce retour se faisait un an après l'opération du coeur. En août 2014, un cousin m'avait envoyé des photos prises depuis le sommet. Naguère nous nous y rendions souvent ensemble. Je m'étais demandé: "comment le monde éclairé redeviendra-t-il possible ?" Mais cette année, quel plaisir de parvenir là-haut parmi la pierre, le brouillard ce jour souvent traversé par le bleu, enfin l'accueil du panorama et, chose inattendue, la proximité des chocards à bec noir, maîtres du vide et de la frontière entre calcaire et transparence ! (Qu'ils en soient remerciés au même titre que les derniers sapins, juste avant les pierriers glissant depuis la crête.)

Cependant, l'histoire n'est pas que celle d'un corps physique, de géologie, sans quoi je me contenterais de parler de "mécanique" réparée, d'"itinéraire", voire de sport. Chamechaude à la pyramide blanche. Chamechaude ou "Lingshan, la Montagne de l'âme où l'on peut voir des merveilles qui aident à oublier ses souffrances et à obtenir la délivrance"(page 101). Chamechaude connue depuis toujours, et qu'un éloignement conduit vers soi. Quand j'étais étudiant, je n'en redescendais jamais sans un vide après les yeux, au fond de l'esprit: celui des mots. Je ne disais plus rien, j'avais simplement pris des photos.

Le temps apprend-il à rapprocher des voies qui, d'échos en échos, dévoilent une certaine mélodie personnelle ? J'aurais tendance à le croire en vivant lecture/écriture et randonnée comme autant de vagues invisibles. Un paysage apparaît dans l'homme, une richesse d'abord spirituelle.

Gao Xingjian est aussi peintre mais dans une série de dialogues avec Denis Bourgeois publiés pour la première fois en 1997, (Au plus près du réel, éditions de l'aube), il insiste sur ce qui anime vraiment le langage littéraire: "La langue écrite, c'est comme un cristal de la civilisation beaucoup plus délicat que l'image. L'écriture suppose un travail très délicat: on doit en permanence se poser la question de savoir comment faire revivre ces mots morts, muets. Ce qui est important dans ce travail, c'est la sensibilité de la langue. Sans cette sensibilité, on tombe dans une écriture académique, qui peut transmettre des connaissances, mais rien de plus. Quelle est la spécificité de l'écriture littéraire ? Insérer cette sensibilité dans des mots morts. A partir de là, on peut parler de musicalité d'une langue. Derrière les phrases, on sent un ton, un souffle vivant."

Sur le chemin de Chamechaude, le coeur que j'ai entendu battre le faisait en émergeant des roches, des labyrinthes intérieurs, des courants secrets qui ne voient que l'altitude. Le coeur prenait la forme silencieuse des ombres. Il ne se retournait pas vers la vallée des épreuves. Il dialoguait avec un moment présent, vivant au nom de ce qui resterait dans sa disparition car ensuite, juste après le retour dans le soir épuisé, que resterait-il du feu en dehors des images accordées par le décor, derrière le masque des mots choisis pour offrir l'aventure ?

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" Tu reconnais que cet endroit s'appelle Lingyan, le Rocher de l'Ame. Il peut donc y avoir d'autres destinations qui portent le nom ling, l'âme. Tu ne t'es pas trompé en te mettant en route pour Lingshan, la Montagne de l'Ame" ( page 135.)

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Quelques oeuvres de Gao Xingjian (à lire absolument!):

- La montagne de l'âme (l'Aube)

- Le livre d'un homme seul (l'Aube)

- Chronique du Classique des mers et des monts (Seuil)

- Le Quêteur de la mort (Seuil)

- La Raison d'être de la littérature (Aube)

Rédigé par Régis Roux

Publié dans #curiosités poétiques...

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