HENRY CHRISTIAEN, peintre. ( 1929-2007) 1) Une échappée

Publié le 29 Avril 2020

" Sans titre"; huile sur toile; collection particulière. Toute reproduction interdite.

" Sans titre"; huile sur toile; collection particulière. Toute reproduction interdite.

J'ai eu le bonheur de bien connaître Henry pendant une partie décisive de ma vie. Je lui dois la clarté qui va d'une toile à un poème, d'une image pour les yeux à sa jumelle, mentale mais bâtie sur les mêmes règles de forme, de couleur et surtout de frisson. Je pourrais aussi parler du mouvement. Que signifie "dedans", "dehors"? Face aux toiles d'Henry, je me suis souvent posé cette question. Un jour, lui demandant pourquoi il peignait des séries de chevaux se cabrant, il me répondit que ceux-ci échappaient à leur créateur. Quand on connaissait le peintre et sa vie plutôt sédentaire mais folle d'univers lointains, on pouvait se douter que les chevaux, surtout par leur forme, exprimaient comme un appel à quelque chose dont la matière ne se satisfaisait pas complètement, en dépit des justifications rationnelles qui arrivaient très vite. Aujourd'hui, je me demande ce que ce peintre aurait pensé des rues désertes, de ce vent noir qui franchit toutes les frontières. Si le tableau ci-joint est bleu, la mer de cet artiste originaire de méditerranée crée des vagues musclées, farouches, et l'homme qui, parfois, dans ce type de sujet, tend les bras vers les chevaux, dépasse avec eux la condition d'être au monde. Peindre, vivre et voyager en soi jusqu'au bout d'un amour laisse des souvenirs que l'histoire, curieusement, réactive. Il s'agit bien d'un bonheur.           Régis Roux; le 29 avril 2020.

Rédigé par Régis Roux

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