" TROIS POSTURES POUR LA LUMIERE" ( article de Régis Roux précédé d'une introduction/ Gouache et dessins de Geneviève Gallois)

Publié le 9 Mai 2021

Ce qui est remarquable dans la façon dont mère Geneviève traite la Communion, que ce soit dans la gouache à la scène double ou dans les numéros 78, 79 et 80 de La vie du petit Saint Placide, c'est -bien sûr on connaît déjà la virtuosité de son style !- la vitalité (et même l'humour) qu'elle met dans ses personnages. On sent le foyer o combien présent, hallucinant de l'hostie. Le corps du Christ se donne à l'homme et le caractère de Marcelle Gallois devenue mère Geneviève peint, dessine avec génie sa Vérité unique et éternelle ( voir livre du même titre.) Il convient d'ajouter que les mots écrits de la main de l'artiste pour accompagner les images sont tout aussi puissants, habités par un esprit profondément joyeux dans le sens où il devient capable de donner forme à quelque fête inouïe.

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Trois postures pour la lumière

( d'après « Communion » de Mère Geneviève. Collection Blaise Alexandre.)

 

La flamme qu'attendent les mains commence avec une posture, piste intérieure et pourtant de chair sous les tissus. S'incliner, suivre déjà le souffle présente, en trois moments, une transformation de la silhouette. Mais pour qu'un tel soleil libère le regard, tout geste, un personnage montré de trois quart, de profil ou de dos devient quelque battement gagnant tout l'être : celui qui vit, qui s'engage en ce lieu depuis des années et dont les plis de son habit, masquant faussement les apparences d'autrefois, travaillent sans cesse autant de blessures que de vibrations vraiment joyeuses. Attente inclinée, pas fondus dans une ombre à l'encre si tendue vers quelque source à suivre encore, harmonie des lignes enfin retrouvée devant la main présentant ce rond sans limite, ce sont des moments consacrés à l'embrasement le plus profond. Mais quoi ! Lancerait-on, riche de ce que le monde multiplie entre ses paysages et le concert des hommes, quelle horloge différente bat, rien qu'en communiant ? Justement : au-dessus de bandes -esquisses de fenêtres pâles- de mouvements sombres qui murmurent à peine, des lettres prient pour que l'âme, unique source et rencontre, n'en finisse pas d'aimer le mystère de la lumière. Régis Roux ; le 9 mais 2021.

 

 

 

 

 

 

 

 

" Communion", Gouache de mère Geneviève ( H. Maertens ); dessins 78, 79 et 80 de " La Vie du petit Saint Placide" ( éditions Desclée de Brouwer; 1963.)
" Communion", Gouache de mère Geneviève ( H. Maertens ); dessins 78, 79 et 80 de " La Vie du petit Saint Placide" ( éditions Desclée de Brouwer; 1963.)
" Communion", Gouache de mère Geneviève ( H. Maertens ); dessins 78, 79 et 80 de " La Vie du petit Saint Placide" ( éditions Desclée de Brouwer; 1963.)
" Communion", Gouache de mère Geneviève ( H. Maertens ); dessins 78, 79 et 80 de " La Vie du petit Saint Placide" ( éditions Desclée de Brouwer; 1963.)

" Communion", Gouache de mère Geneviève ( H. Maertens ); dessins 78, 79 et 80 de " La Vie du petit Saint Placide" ( éditions Desclée de Brouwer; 1963.)

Rédigé par Régis Roux

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