Publié le 30 Décembre 2013

Le savon bleu éclaire

Tout se parfume

Crème
Ou caresse

De l’huile devinant les doigts

Quelle attention revenue sur la beauté ne peut abandonner le temps ?

Même l’ombre respire avec un horizon couleur sable si près du corps

pastel sec d'Agnès Garcin      Site de l'artiste : agnes-garcin.fr/

pastel sec d'Agnès Garcin Site de l'artiste : agnes-garcin.fr/

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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #Poèmes. Collaboration avec des peintres.

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Publié le 29 Décembre 2013

C'est un galet silencieux dans l'eau récente. Il était coincé entre deux blocs, à peine au bord du courant, sans doute ici depuis la force qui précéda la crue d'automne. J'ai remarqué ce creux dans sa forme, cette rareté muette. J'ai tenté de dégager le galet. Il m'a fallu m'aider d'un autre pour faire sauter quelque verrou minéral qui interdisait à l'objet naturel tout espace de liberté.Alors j'ai entendu le crissement du poids retrouvant son chemin. Un peu d'eau sur ce plan singulier a fait comme revivre l'image. "Curieux", suis-je répété, "curieux quand même"...Car je ne m'attendais pas à découvrir un tel fragment.C'est bien de cela dont il s'agit au pays du monde, étant bien entendu que le monde reste vivant, qu'il soit minéral, végétal ou composé de chair. Le même esprit de par les horizons secrets ne fait qu'attendre s'il n'est pas excité par le soleil. Marcher dans un affluent, à condition d'être seul et très attentif, permet d'ouvrir un coffre masqué. Forcément la richesse amoureuse y repose. Peut-on parler d'un jeu, de folie ? Il convient de laisser la parole au rêveur: " Que croyez-vous, hommes tourmentés par les villes, par tous les escaliers à travers lesquels aucun arbre ne peut crier vers les cyclones ? J'arpente un territoire de galets, de racines, de sources que pas une digue, pas un plan financier ne peut dompter. Je marche et je regarde, et je repense à ma vie, peut-être celle qui précéda ces moments de joie qu'aujourd'hui je caresse; oui, je songe à l'amour du monde. Vous souriez ? Auriez-vous peur ? Peur de vous ? Je connais un galet creusé. Il est sans fond, parfait en tant que guide au regard direct, si tranquille, si solide malgré le voyage infini qui l'a conduit vers moi, vers vous pour peu que vous écoutiez le frisson merveilleux, vous savez le plus qui pulvérise la surface des vitrines. Sachez que les saisons se succèdent avec les mêmes braises. Tout se retrouve entre vos mains au nom de la fête, la vraie qui tisse un seul éclat de la rose à la neige."

C'est un galet silencieux dans l'eau récente...

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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #curiosités poétiques...

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Publié le 27 Décembre 2013

Si vous ne pouvez vous rendre à l'exposition des "nus" près de lyon, rendez-vous sur le site d'Agnès Garcin, vous y retrouvez ces poèmes louant le corps féminin dans la rubrique "personnages" ...

La peau sur du bleu crée des formes souples
Un soin jusqu’au bout du corps

Avec l’air comme de lire un code parfumé

Poitrine et ventre masqués pour un geste
Les doigts amoureux du jour sensible

Proportions ballet suspendu quand le sourire observe
Quel visage aussi clair ne dévoilerait l’automne
Rousseur de silhouette
Le temps qui prend soin du miroir intérieur ?

Bain tel plaisir
Nue
Sans même confier ses lèvres

Et que le bois noir du fauteuil ne soit que l’ombre de cette femme

"Après le bain" , pastel sec d'Agnès Garcin, 2013; Site de l'artiste :   agnes-garcin.fr/

"Après le bain" , pastel sec d'Agnès Garcin, 2013; Site de l'artiste : agnes-garcin.fr/

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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #Poèmes. Collaboration avec des peintres.

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Publié le 26 Décembre 2013

Aujourd'hui, en compagnie de mon fils Thibault, je suis parti de Bathernay pour me rendre à Hauterives, en passant par la combe Vermeille, Saint-Martin-d'Août et Tersanne, le but étant de se mettre dans les pas de Cheval afin de voir le paysage autrement, pendant plusieurs heures de marche, comme le facteur le fit jour après jour pendant des années. Thibault et moi ne sommes restés que quatre heures, mais l'expérience m'a semblé positive; car si l'horizon fut au rendez-vous avec les collines, les petits chemins, les cavités creusées dans le grès beige,puis la découverte du travail de la crue autour d'Hauterives nous ont rappelé l'importance de l'aspect minéral du rêve du facteur. Voilà pourquoi je terminerai cette série de photos par quelques-unes montrant le monument funéraire de Cheval, ce "tombeau du silence et du repos sans fin". Le pays de Galaure crie que l'eau, la terre et la folie de la végétation n'ont pas l'intention de changer depuis la disparition de Cheval. La force de l'eau reste une impératrice. De plus, il suffit de marcher, d'observer en prenant son temps, de saisir la vie des choses naturelles pour, curieusement, retrouver soi-même une place. Quelque chose d'effectivement silencieux, infini s'approche alors un peu plus du fond de l'homme. Cela questionne, puis rassure. Il suffit de suivre un itinéraire fidèle au sang du monde, entre sa propre vie et celle, prometteuse, de tous les délires apparus au grand jour, au nom des rêveurs précédents, au nom du paysage avec sa souplesse au fil des saisons, au nom des miroirs dissimulés, pourtant brûlants, lors d'un matin de décembre assez couvert, légèrement pluvieux. La pluie, encore, qui joue dans les rayons de la fantaisie, de la liberté. La rivière ne fait pas autre chose que faire chanter ses rives, et la terre d'offrir au yeux des tableaux éclairés de l'intérieur.

Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval
Sur les traces de Ferdinand Cheval

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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #curiosités poétiques...

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Publié le 26 Décembre 2013

Voici quelques photos prises au bord de la Galaure dans l'après-midi du 25. Il s'agit d'un secteur que je n'avais pas encore visité depuis la crue prodigieuse de fin octobre. J'ajouterai juste que ce 25, le ciel nous fit cadeau d'une autre crue, certes petite soeur de la grande, si grande et si mouillée de fin octobre, mais au niveau de l'érosion, de l'image, quelle différence ? Me rendant à pieds au bord de la Galaure, ce 25, j'ai quand même vu un automobiliste faire demi tour à cause d'un amas de galets, d'un cours d'eau sauvage barrant la route...

Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...
Petite promenade après le repas du 25 décembre...

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 21 Décembre 2013

Voici les toiles qui ont inspiré les poèmes publiés le 5 décembre sous les titre "La vision masquée de la toile". Il s'agit de peintures de Christelle Romulus. J'avais accompagné ces poèmes d'une photo où se reposait une flaque, au creux d'un rocher. Mais n'était-ce pas parlant comme si j'avais déjà montré les toiles ? Rappelons simplerment que l'art ne fait que remodeler ce qu'offre le monde, qu'une splendeur naturelle, souvent, nous ravit tout autant qu'une "oeuvre d'art". Certes, la nature ne s'exprime pas en vers. Mais aussitôt je reconnais qu'il est un autre canal secret dont nous n'avons pas conscience...l'essentiel est bien de rejoindre une couleur qui va du ciel à la terre.

  Site de l'artiste:    www.christelleromulus.com/
  Site de l'artiste:    www.christelleromulus.com/

Site de l'artiste: www.christelleromulus.com/

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 19 Décembre 2013

La Galaure ? Bien entendu, on y entend des galets, jusque dans son nom, jusque dans son pays de méandres pareils aux dos des collines. Voici quelques photos prises le week-end dernier. Ce que j'y ai fait ? J'ai parcouru un secteur de la rivière. Je voulais voir ce qu'il était devenu après la fameuse crue. J'ai laissé ma voiture au niveau du pont qui franchit le cours sauvage avant le Pichat, sous le Grand-Serre, et j'ai pris la direction de l'aval. Seulement, j'avais le soleil de face et les premières photos n'ont pas été faciles à prendre. Une heure plus tard j'étais de retour et j'ai décidé de parcourir un second secteur, quelques kilomètres en aval. Ce fut plus facile au niveau des clichés. Quant au paysage, il était devenu méconnaissable. Que de vagues de galets apparues ! Que de courants rejetés là où juste avant la crue poussaient des arbres ! J'ai trouvé du bois fossile. Les autres pierres -ces" chers" galets; mais les Chinois ne saluaient-ils pas leurs "pierres montagnes" à l'entrée des maisons ?- tous les autres phénomènes malmenés par l'eau je les ai photographiés, étant toujours stupéfait de voir avec quelle facilité la nature déplace des blocs énormes, et les polit, et les creuse, et les aligne dans le sens du courant, ce roi de la vie primitive. A un moment, j'ai croisé un paysan qui arpentait son champ de maïs ravagé par la crue, juste au bord de la Galaure. Nous avons simplement échangé un salut comme en échangent les amoureux du silence, des moments retrouvés entre les éléments naturels et soi, juste avant la nuit. Il n'empêche, à mon avis, que le paysan a dû se demander ce que faisait vraiment ce type avec un sac à dos, un air un peu perdu et un appareil photo dans une main. Perdu ? Vraiment ? J'ai alors bien repensé à Ferdinand Cheval qui inventa dans son jardin un palais pendant des dixaines d'années. Comment voyait-on cet homme solitaire, entraîné par un rêve ? Perdu, lui aussi ? En ce qui me concerne, la démarche au plus près de la nature est la plus forte : il faut que je me fasse entraîner par la Galaure, la rivière de l'enfance. Galets, je vous salue au nom des bijoux qui n'attendent que de briller dans les yeux.

DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE
DE LA GALAURE

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 18 Décembre 2013

Poème inspiré d’une toile
(version définitive)

1

La falaise bleue s’est ouverte

Un soir brûle la terre

Hauteurs d’un palais volcanique
Avec des plis reprenant l’ombre
Des carreaux dans le vertige

2

Que noircisse la clarté vers des angles sans limite
Un ciel vif après le cadre

Que bouillonne la source étoilée du cosmos

3

Matière
Tu accordes un rond avec le cœur d’une tour

4

Entrée muette
Entrée solitaire

Celle qui précède l’homme interdit face à la carte peinte jusque dans ses rêves

******
Poème inspiré de la même toile
(mais version précédente -effacée-)


Il n’y a pas que le sol pour emporter ses graines

Geste allant plus loin que le mélange des couleurs

Devinez quel frisson s’efface et quel puits se perd

Devinez quel bouclier durcit contre l’écume
Car aucune fusion n’échappe à son miroir bleu

Qui renvoie déjà des plages une autre architecture

Phare géologique ou serrure pour la crue

Le monde écartèle et repeint les points cardinaux

Lançant dans le jour de la glace une carte jaune

Créant des éclairs l’arc terrestre de l’horizon

Un arrachement repoussant la ronde à la fin

Saison visible et vibrante où se lève le feu

******
Poème inspiré d’une première toile


Un nœud sombre avance
Il passe à travers le ciel
Entre les panneaux du soir
Le quadrillage peint
Il devient chardon
Rêve d’un astre
Et découpe la terre
Il a changé ses racines
Ses massifs libérés dans l’univers
Du cristal au tourbillon
Du lagon à l’anthracite
Il renverse un plan le premier vivant
L’ombre portée au cœur de la toile

toiles de Chantal Longeon    Site:   c.longeon.free.fr/
toiles de Chantal Longeon    Site:   c.longeon.free.fr/
toiles de Chantal Longeon    Site:   c.longeon.free.fr/

toiles de Chantal Longeon Site: c.longeon.free.fr/

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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #Poèmes. Collaboration avec des peintres.

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Publié le 17 Décembre 2013

La nature a de curieux visages.Elle fait entendre parfois d'étranges bavardages. Dimanche, remontant le cours de la Galaure, à un moment je traverse un champ (il ne s'agit pas de celui cité dans l'article précédent), un espace de culture que les eaux avaient envahi, là aussi. Comme on le devine, de belles traînées de galets gisaient au soleil, se bousculant dans le sens du courant qui les avaient dessinées. Ce que je remarquai alors me parut bien rare puisque c'était la première fois que je l'avais devant les yeux : deux galets dont l'un avait été usé, creusé par l'autre, plus petit bouculant de l'épaule et de la tête; et les deux copains s'étaient déplacés ainsi en plein champ ! Et qu'on ne se trompe pas, il ne s'agissait pas d'un fragment du gros qui finalement donnerait l'illusion qu'un deuxième existait, menant tranquillement sa vie minérale jusqu'à inventer un tour de prestidigitation dont moi, l'amateur de belles formes glissées dans la peau des éléments naturels, l'arpenteur trop curieux je serais dupe ! Je le redis, je n'ai jamais vu ce genre de phénomène, et les photos de cet article m'accompagnent pour prouver que le délire poétique a bien des sources. L'imagination va de l'homme à son royaume fait de cristaux, de rayons brûlants, de musique animale avec tout ce que le monde présente en dehors de la civilisation. Mais j'y pense....ah oui je m'interroge....de quoi parlaient donc ces deux compères en quartzite ? A-t-on idée de se laisser rouler dans une crue noire pour dialoguer avec son égo!....plus sérieusement, qu'est-ce qui se dit d'essentiel, de cosmique, d'intime, ajouterais-je, quand seul on se retrouve devant la force de la vie et de la mort, de l'érosion ?....

Qu'y voit-on ? Combien sont-ils ?
Qu'y voit-on ? Combien sont-ils ?

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 16 Décembre 2013

L'une des photos prises pendant la crue de la Galaure, fin octobre, montre un champ livré aux flots terribles. La photo qui suit a été prise longtemps après le passage des eaux. Il s'agit de sable déposé par le courant, en plein champ bien entendu, et les ondulations liquides ont dessiné ces traits, ces mouvements. Alors, toile abstraite ou langue aveugle de la terre ? Je sais que ce sol reste éphémère, qu'une bonne pluie l'effacera bientôt, mais qu'on rapproche donc ce dessin de celui, vieux de 240 millions d'années, lui par contre inscrit sur un galet de quartzite venu de la mer, dans la région de ce qui deviendrait Briançon...

De sable ou de pierre...
De sable ou de pierre...

De sable ou de pierre...

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Rédigé par Régis Roux

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