Publié le 30 Mars 2014

Rédigé par Régis Roux

Publié dans #curiosités poétiques...

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Publié le 16 Mars 2014

Ce matin, Valérie Gaubert a repris cette encre car elle lui semblait correspondre tout à fait à l'ensemble des images évoquées dans les deux articles précédents ("de la conscience à l'inconscience"): rondeur du galet, trait pour le végétal, jaune pour les fleurs et noyau central pour la mémoire du galet et l'énergie de l'expérience.

Finalement, du vécu à l'expression tout se répond pour peu que des miroirs apparaissent devant le monde, les mots, la sensibilité, les photos, la peinture. Il s'agit bien d'un mystère -heureusement transmissible!- et bien vivant qui éclaire les dimensions du réel et de l'imaginaire.

" Images mêlées" de Valérie Gaubert, 2014.   http://valeriegaubert.free.fr/

" Images mêlées" de Valérie Gaubert, 2014. http://valeriegaubert.free.fr/

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 15 Mars 2014

~~« DE LA CONSCIENCE A L’INCONSCIENCE » de Valérie Gaubert. Voici un triptyque réalisé par Valérie Gaubert pour une exposition dans la vallée de la Chevreuse . L’artiste a repensé à ce mouvement qui va du rouge à la nuit après avoir lu mon article du 13 mars sur les images liées à l’anesthésie médicale. Elle me demande aussi, à propos du galet accompagnant l’article, si j’ai réussi à déchiffrer son langage primitif, si l’anesthésie m’a donné la solution. On ne s’étonnera pas que je réponde sous la forme d’un engagement poétique : « Il s’agit d’un moule fait de sable endormi, mais si marqué par l’encre du quartz qu’il se déplace comme une évidence, que le jour le trouve au bord de la rivière ou sous un éclairage artificiel. Ce galet coupé conserve sa matière magique avec du vitrail, la profondeur d’un courant neigeux. Inutile de chercher à savoir ce qui l’a ouvert ainsi : le vent, le dégel, le frottement d’autres blocs jadis massifs montagneux, la loi de la réalité offerte à la métamorphose et toujours quelque renaissance finissent par aimer l’image au fil du temps, et c’est une écriture sauvage qui entre au cœur du minéral, un objet apparemment solide qui voyage. Ce que l’œil perçoit voyage encore et ouvre des espaces inattendus. C’est ainsi que le galet trouve une vitrine ou reste dans l’esprit d’un homme sur le seuil du coma opératoire. La traversée des lieux demeure infinie de la matière à l’esprit. » Il m’a semblé intéressant d’accompagner les tableaux de Valérie des images dont j’ai pu parler dans l’article du 13 mars.

"De la conscience à l'inconscience" de Valérie Gaubert
"De la conscience à l'inconscience" de Valérie Gaubert
"De la conscience à l'inconscience" de Valérie Gaubert
"De la conscience à l'inconscience" de Valérie Gaubert
"De la conscience à l'inconscience" de Valérie Gaubert
"De la conscience à l'inconscience" de Valérie Gaubert

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 14 Mars 2014

~~ De la Galaure au bloc opératoire ou D’une danse avant la suspension de la conscience

Que représente une image réelle quand elle est perçue par l’œil et la sensibilité? Qu’est-ce qui l’habite ? Qu’est-ce qui relie le corps à l’esprit dans des conditions bien particulières ? Le poème n’est pas qu’un texte. Le 11 mars, je réussis, bien que très affaibli physiquement, à me faire conduire au bord de la Galaure. J’y découvris un pierrier présentant de beaux galets. L’un, en particulier, attira mon attention avec sa carapace où la nature avait laissé une écriture, sa moitié de forme ovale montrant l’intérieur cristallin. Je pris une dixaine de photos. Il y avait aussi les premières fleurs du printemps. Le ciel était couvert, il faisait un peu frais et j’avoue que je pensais sans cesse à l’intervention chirurgicale qui m’attendait le lendemain. Ce qui m’angoissait, c’était de perdre momentanément ma conscience, de ne rien pouvoir suivre de l’intervention, de ne pas savoir si j’en reviendrais. Quand j’avais pratiqué l’alpinisme puis la spéléologie, j’aurais pu, ne serait-ce qu’espace d’une seconde, me voir partir, mais là ? Car l’image accompagnée du mot est essentielle à ma conscience. Au bord de la rivière je photographiai comme en dehors de cet espace opératoire où l’on est bien plongé dans une forme de coma, où tout dialogue entre le regard de l’homme et lui-même a disparu, jusqu’au retour soudain à la lumière. Deux temps s’opposent. Celui qui opère n’est pas dans le même espace que celui qui subit l’opération. Donc je photographiais par désespoir, lucidité avant quelque échéance, me répétant pour la millième fois que ces galets ne savent rien du monde, eux non plus dans leur absence. Etais-je en train de projeter ma peur, ou ma fascination devenue comme aveugle ? Qu’étais-en train de demander ? Je cherchais toujours à VOIR. Toujours est-il que ce soir-là je montrai quelques clichés de galets à l’artiste Valérie Gaubert qui travaille si bien sur le minéral avec ses encres. Donc Valérie, découvrant justement le galet que je viens de décrire brièvement (on le voit sur la première photo qui accompagne cet article), s’enthousiasme et me suggère de « déchiffrer ce langage primitif absolument ». Alors je ne sais pourquoi ces quelques mots résonnèrent profondément en moi. Je crois que Valérie pensait aussi aux marques sur le sable, à la rivière, aux paysages traversés par le caillou au fil du temps car tout se tient dans l’univers, du grain de quartz à la source, de l’érosion à l’apparence que prend la matière. Le 12 mars, en me levant j’avais en tête ce petit coin de galaure où j’avais pris des photos, et je me sentais anxieux, certes, mais aussi plus profond que d’habitude. Ce fut en partant pour le bloc, étendu sur le brancard, que les images s’imposèrent davantage : je revoyais ces cailloux-là, leur forme, leur présence, oui ce bras de rivière, ces marques de rivage. Les images me rassuraient-elles ? Il est vrai qu’on m’avait donné un calmant, mais je ne pense pas que ce soit lui qui ait permis à ma rêverie de gagner en force. J’étais bien parti pour une ouverture des sinus, une correction du cartilage du nez, bref une tentative pour juguler une infection qui stagnait bien loin de toute source merveilleuse et poétique. On m’arrêta un instant dans un couloir. Devant moi, un autre brancard avec un patient. Derrière moi, encore un autre. Tous attendions la seringue de Morphée. Je fermais plus ou moins les yeux, assez amusé par l’ambiance des soignants du bloc venant, passant, repassant dans le couloir d’accès, s’interpellant dans un ambiance plutôt joyeuse, pleine de confiance, de consignes. On me parla, vérifia mon identité, je répondis. Et le chirurgien ORL passa lui aussi, me dit quelques mots sympathiques, puis : « Allez, on y va! » En effet, mon brancard reprit bientôt sa course et finit dans un bloc. Une grande fenêtre donnait sur le parc de la clinique, et à travers une enfilade de vitres, mais cette fois vers l’intérieur, on apercevait d‘autres salles. Je passai du brancard à la table étroite du bloc. On me borda, me coinça car je ne savais où placer mes bras. Je me souviens avoir engagé mes mains sous les fesses, puis les avoir retirées, comme un peu honteux. Le chirurgien entra et pendant qu’il ouvrait sa boîte à outils chirurgicaux, à ma gauche et à ma droite il y avait trois femmes -trois parques en bleu et masquées au seuil des ténèbres- sûrement l’anesthésiste et des infirmières. J’entendis de la musique classique. Je me sentais en confiance. Et j’avais toujours en tête les galets, la rivière, les fleurs sur la berge. Je vis que l’anesthésiste m’engageait une aiguille dans le bras, et très vite je sentis une certaine chaleur, comme inhabituelle. J’attendis deux secondes et je demandais « ça y est, je m’endors? » Le médecin attendit deux secondes à son tour et confirma tranquillement; mais déjà l’air se déplaçait, et avec lui des vagues de sable presque transparent, dans un ballet venant des angles et se renversant les unes les autres, et puis les galets en couleurs, le tout avec un bonheur qui exprimait parfaitement ce que j’essaie précisément de dire quand j’écris un poème à partir du minéral. Ce n’était pas le produit de l’anesthésie qui m’offrait ce décor, ce que je nomme « paysage intérieur » depuis longtemps : je répète que celui-ci ressemblait juste à ce que mentalement je poursuis quand j’écris, sauf qu‘à présent je le voyais les yeux ouverts. J’avais simplement mis en relation des images aimées, rencontrées la veille, et un travail chimique sur le cerveau. Evidemment, les vagues, avec beaucoup de bonheur, se précipitèrent dans le royaume le plus secret de moi-même. Je fus comme renversé par un nuage de sucre et de silence. Le reste se remit entre les mains de ce coma maîtrisé d’où l’on revient grâce à la science… tout le reste ? Non, puisqu’au réveil, et là encore grâce à la science qui a accompli des progrès spectaculaires dans le domaine de l’anesthésie, je revins encore plein de mes galets, de ma rivière, la tête ne me tournait pas, et l’on m’avait bel et bien opéré, et je retrouvais ma conscience ! Certes j’étais dans une salle de réveil, parmi une dixaine d’autres patients -que d’ailleurs je me mis à compter à voix haute- mais comme l’espace était lumineux, ouvert lui aussi sur une belle fenêtre, je revécus dans mes images de nature ! Je me souviens qu’une des infirmières m’a dit, juste avant que je m’endorme: « pensez à quelque chose d’ agréable. » Si elle ignorait à quel point j’étais déjà dans mon royaume, elle savait que l’image mentale aide à franchir la porte inconnue de l‘acte opératoire. De même l’art vit dans ce mouvement qui va du monde au cœur de l’homme. Pour moi il passe par la parole. Voilà pourquoi, au réveil de cette épreuve, je me suis mis à parler sans cesse, à poser mille questions aux soignants, et peu importait lesquelles, pourvu que j’affirme le retour aux mots, à ce qui les habite, c’est-à-dire l’émotion, la connaissance, et le désir, le plaisir de communiquer afin de témoigner d’une joie de vivre. Il est des circonstances où Le sentiment poétique devient un charme bien réel et magique. Entre un bras de rivière minérale et un coin mouvant de bloc opératoire où le rêve n’est qu’endormi, les images et le poèmes suivent la lumière.

De la Galaure au bloc opératoire

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 10 Mars 2014


Derrière un pic la mer est blanche
Plus haute que la tempête
Plus près de la glace dérivante

Continent profond
Juste avant la barrière alpine
Car le granit aux perles vertes est proche du vertige
Libre avec ses crêtes partageant des paysages

Ce qui s’avance en ouvrant le cirque des pentes et des sapins
Ce qui reprend de l’ombre à la roche
Plaques d’avalanches
Ou vagues cristallines et bleues
C’est un frisson dans ce décor attendu
Le reflet pur d’une histoire possible

****

Deux vitres
Bleue sans étoiles
Noire au-dessus des pics
Sortent la verticalité comme une maquette

Un dépassement jusqu’au vide
Un trio coupant
Glacé pas plus haut que chaque élan
Tellement fort dans ses lignes au départ
Tellement nu quand il défie les couloirs
Mais profond à la source de la vallée

Des piliers gardent le jour de face

Peu importe la colère avec le brouillard
Ce point qui grossit
La déclinaison bleutée
L’interdiction verticale depuis le crissement des courants minéraux

L’image se tait

Montagne pour l’horizon qui se poursuit dans le blanc

(Problème d'insertion pour les deux toiles de Burgelin... corrigé sous peu j'espère...en attendant, imaginons...)

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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #Poèmes. Collaboration avec des peintres.

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Publié le 10 Mars 2014

Printemps
La saison dresse une ligne odorante
Avec des lunes fleuries
Leur glissement comme à la surface

Des soirs violets sont devant
Etrangers à la durée du sol

Cordages remplis
Pour ce qui bat
De la matière à l’excès

Car l’abstraction veut plus qu’un massif recomposé dès le matin
Qu’une pelote jaune
Crue légère sortant du sable

Sa direction anonyme inspecte l’équilibre en couleurs
Jusqu’au vent ce drapeau amoureux des formes libres

Même la nuit va noyer le secret des tourbillons dans l’arbre

toile deantal Longeon

toile deantal Longeon

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 9 Mars 2014

D’anciens lagons bordent les branches
Avant la fin du territoire
Son golfe
Sa péninsule en forme de vague

L’arrivée silencieuse de l’encre

Et le reste dessiné droit pour une céramique

Un secteur plus rayé
Un format se répètent
Ils renvoient au partage vertical
Sens du regard
Choix d’engager le matin
Une clef découpée dans le sable
Une traversée discrète et bleue

Dessin de Caroline ISSERT

Dessin de Caroline ISSERT

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 9 Mars 2014

I

Le vent se retient
Cache une carte

Coincer la géométrie
Libère une piste grise

De la fissure à l’abandon

La roche s’étire
Qui devient brume

II

La montagne en haut du mur
Et l’avalanche en relief
Réduisent plis et carrés

III

Deux ordres
Pourtant tous les deux devant l’attente
La silhouette nue
La chambre ouverte à l’anonymat

Dessin de Caroline ISSERT
Dessin de Caroline ISSERT

Dessin de Caroline ISSERT

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 6 Mars 2014

Assembler des galets, peindre sur leur peau minérale, c’est -je viens de le faire moi-même à l’instant avec des mots- leur donner un sens nouveau, leur transmettre un regard humain. Choisir tel ou tel caillou dans un pierrier, photographier sous un angle et pas sous un autre, là encore, impose la sensibilité de celui qui s’approche. Mais qui s’approche de quoi ? D’un élément qui lui paraît beau. Si l’harmonie existe bien dans la nature, le plus troublant est peut-être encore dans ce dialogue mystérieux et profond qui s’établit entre l’homme et le monde. Personnellement, si je n’aime pas peindre ou simplement vernir les galets, c’est juste parce que j’exprime avec plus de justesse une aventure vivante, me semble-t-il, en photographiant, en interrogeant le poème. Je ne suis pas un plasticien. J’observe et je choisis, évidemment, mais j’essaie d’abord de voir autrement, je veux dire d’autres images, à partir de celles que les yeux décryptent, le plus important étant le langage poétique. Mais j’aime que les formes et les couleurs pour les yeux accompagnent les vers, et inversement. Que représente Alain Lequesne avec ces deux sculptures ? Chacun verra selon sa liberté, sa fantaisie. Créer, c’est choisir. C’est aussi être en accord avec les choses, un amour, et rien n’impose absolument une œuvre, aussi parfaite soit-elle. Il y a dans chaque individu un espace interminable ouvert sur le bonheur, la joie d’exister. Une vie sans rire, quelle horreur ! lançait ma mère il y a quelques jours, elle qui peint les cadeaux de la nature. La beauté. C’est tout à fait ca : la beauté quand on plaisante ou quand on est touché par la musique, une peinture, une sculpture, un poème, un paysage.

(Petit nota bene : Alain Lequesne, qui a bien de la fantaisie, me rappelle qu’il serait bon de mettre en rapport ces sculptures avec « Le géant d’Almeida » nom donné à un gros galet de la Limone et que j’ai présenté sur ce blog. Il a tout à fait raison ! Il faut préciser que ces sculptures, même si elles sont composées de galets de l’Adour collés entre eux, sur un socle en mortier et peint à l’acrylique en aérosol, ces personnages de trente centimètres représentent les gardiens d’Almeida. L’un -le rouge- pour le soir; l’autre -le bleu- pour le jour. Car un géant sans paysage, sans le temps nécessaire à la danse tout autour des silhouettes, sur quoi peut-il bien régner ? Merci Alain, j’allais oublier la première impression qui fut la mienne en découvrant tes sculptures !)

sculptures d'Alain Lequesne (c'est ainsi que les galets de l'Adour répondent à ceux de la Limone)
sculptures d'Alain Lequesne (c'est ainsi que les galets de l'Adour répondent à ceux de la Limone)

sculptures d'Alain Lequesne (c'est ainsi que les galets de l'Adour répondent à ceux de la Limone)

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 6 Mars 2014

D’après un galet découvert et peint par Valérie Gaubert


Le centre déplace un courant
Sa dune de perles

Nuit qui pousse l’écume jusqu’à l’objet

Des éclats se rapprochent
Oubliant la grêle
Des tourbillons continentaux

Le galet ne quitte aucun paysage
Aucune ombre pour peu qu’elle ait dansé
Liane fissure
Piste ou galerie

Quelque chose palpite encore
Du soleil recouvert par la roche au sens invisible de l’eau

Code anonyme
Usé comme pour mieux dire que l’érosion accorde un royaume
Ce rythme noir et blanc sur la plage

Etrange galet 1 et 2 (d'après Valérie Gaubert)
Etrange galet 1 et 2 (d'après Valérie Gaubert)

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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #Poèmes. Collaboration avec des peintres.

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