Publié le 28 Décembre 2014

photos de Régis Roux prises le 25 décembre 2014 dans la Drôme des collines.
photos de Régis Roux prises le 25 décembre 2014 dans la Drôme des collines.
photos de Régis Roux prises le 25 décembre 2014 dans la Drôme des collines.
photos de Régis Roux prises le 25 décembre 2014 dans la Drôme des collines.
photos de Régis Roux prises le 25 décembre 2014 dans la Drôme des collines.

photos de Régis Roux prises le 25 décembre 2014 dans la Drôme des collines.

Je l'ai repéré alors que j'étais déjà passé plusieurs par là sans rien voir. D'où venaient les tâches blanches qui semblaient sortir de son écorce ? Loin des sapins froids, il semblait s'être immobilisé -comme si un arbre avait le don de gagner l'esprit des courants aériens juste à cause de ses racines!- il semblait tendre non pas ses branches mais désigner cette curiosité, cette avalanche d'étoiles tranquilles. Car il faisait bon en ce vingt-cinq décembre; et cette fois je vis le feuillus géant, à quelques mètres du sentier. Le reste -o le jeu caché des fibres grises sans relief!- est un échange par le regard, un moment passé à rencontrer le totem, le tronc qui n'avait pour guirlande qu'un peu de lierre. Je me suis dit que la vérité de la sève avait peut-être oublié un éclat, une dimension juste au-dessus de la mousse.

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 27 Décembre 2014

Toile de Sophie Duplain/ Calligraphie de Régis Roux; décembre 2014.
Toile de Sophie Duplain/ Calligraphie de Régis Roux; décembre 2014.

Toile de Sophie Duplain/ Calligraphie de Régis Roux; décembre 2014.

La mousse inverse un jour pur
Peut-être en quittant cette caverne
Son arc de plus en plus clair
Jusqu’au souffle qui se disperse
L’iode infinie endormie dans la marée

Des fruits noirs s’arrêtent
Au bord du vertige
Leur cœur souterrain devinant des rayons
Le frémissement de l’air bleu

Roche penchée
Puisqu’apparue
Ou bassin comme un anneau
Toile verte
Ou chemin sans mesure des profondeurs
Voici la part ouverte en silence























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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #Poèmes. Collaboration avec des peintres.

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Publié le 22 Décembre 2014

Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.
Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.

Toile (et 2 détails) de Sophie Duplain/ Poèmes et calligraphie de Régis Roux. Décembre 2014.



Tu vois le calme aux barreaux de côté

L’eau démasque
Ce plan tel
Qu’il s’écrit
Fo pour l’absence
L’écart vers l’hallucination

Tu vois comme on décide d’un paysage
Renversé depuis ton brouillard

Partager la toile au-dessus des plis

Du bleu du blanc
Gagnent sur l’encre


*


Détail 1

Corps de plumes
Dans une vitre

Ou brindilles
Sans amarres

Un couteau bleu précise le cœur au milieu de l’étang

Quel oxygène accentue ce qui fleurit après l’image ?


*
Détail 2

C’est bien la toile neuve
Son rectangle aux nuances
A la fraicheur lavant le socle
A la signature emportant l’espace

C’est en regagnant le passage de l’œuvre
Qu’un autre battant libère plus haut la grandeur



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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #Poèmes. Collaboration avec des peintres.

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Publié le 19 Décembre 2014

Que disent les collines ?
Que disent les collines ?
Que disent les collines ?
Que disent les collines ?
Que disent les collines ?
Que disent les collines ?
Que disent les collines ?

J'en arrive à ne plus savoir ce que disent les Collines, à force d'arpenter un territoire qui révèle à chaque fois de nouvelles images. Le mystère, le secret sont toujours là mais, me semble-t-il, de plus en plus profonds. Je découvre un mur, un éclat de terrain, de vieux champignons de nuit et je ne sais plus quand la source du lieu commence. Et je repense toujours au facteur Cheval qui des années durant creusa le même itinéraire au coeur de ces pentes. Comment n'aurait-il pas fini par voir le Palais de sa vie ?

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Rédigé par Régis Roux

Publié dans #curiosités poétiques...

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Publié le 15 Décembre 2014

« L’or intérieur » est un accueil à la galerie du même nom, que la peinture de Sophie Duplain habite; c’est surtout, comme l’adjectif l’indique, une richesse dissimulée derrière des formes, des couleurs.
La poésie consiste justement à exiger de la beauté ce qu’elle aime en secret.
Pourtant, les motifs de cette peinture sont bien reconnaissables: des fleurs, des paysages, des tentures abstraites. Mais que seraient ces éléments naturels, ces matériaux sans je ne sais quel langage brillant des tons, des proportions ? On dit souvent que la peinture n’est que matière, qu’elle ne « dit » rien, pas d’avantage que peut le faire la musique. C’est cacher le sens profond de l’expression. Les couleurs vibrent, le sens des lignes s’incline devant l’émotion. Si les mots donnent à « comprendre », à « concevoir », à « raisonner » logiquement, une toile s’offre aux yeux, sans bien entendu cacher ce qui remue dans l’esprit du spectateur. Il me semble que seuls les mots du poème approchent alors les frissons masqués de ces pétales, de cet horizon.
L’éclairage de Sophie Duplain va jusqu’à l’intérieur d’un enthousiasme qui rêve; je veux parler d’un voyage immédiat, indifférent aux barrières du réel. Que fait cette branche fleurie devant trois plaques d’or si ce n’est rappeler qu’un parfum reste libre ? Cet étang au milieu de nulle part, en pleine steppe, quel ciel ne craint-il pas de présenter ? Cet amandier en plein épanouissement côtoie un fond comme orageux, chargé d’acier pourtant délicieux. Le cerisier rose a plaisir à cheminer devant ce qui reste d’une neige fendillée. « Lumière 1 » et « Lumière 2 » brouillent l’herbe et la marée d’un continent immobile en postant une suite d’arbres jeunes. On le voit: un dialogue existe, et il se montre audacieux face au regard car il est bien vivant, connaît le silence le plus poétique.
Il y a dans l’art de Sophie Duplain le même désir de la pierre précieuse, du cristal que celui qu’on devine avec pudeur dans les haïkus -d’ailleurs il est vite question du japon quand on parle avec l’artiste- et n’allez pas croire, si vous pensez que tout ne serait que flatterie, que l’éphémère est absent de « Bleu de chine » ou d’ « Après le bleu ». Sophie Duplain sent qu’un canal mystérieux demande à remonter vers la confluence du figuratif et de l’abstrait. Seul importe la fondation d’un voyage, d’une belle empreinte qui accompagnera le regard. Il s’agit de feuilleter un album généreux.
Pourquoi la gracieuse cicindèle de « Scarabée bleu » est-elle précisément de cette couleur, alors que la Cicindela campestris est, en vérité, plutôt d’un vert métallisé ? Ses pattes ressemblent aux bouts des branches avec les pétales. Son bouclier n’en est pas un, il devient un miroir profond pareil à « Précius purple » fou d’écailles magiques. Même le « Noir blanc » décode une ombre au moyen d’un fil, d’élans plus épais sur de la neige.
Je ne parle que de quelques toiles, mais aussi n’oublions pas qu’une œuvre aboutie contient toutes les précédentes. Elle annonce aussi d’autres bijoux. L’or intérieur se trouve au grand jour dès à présent. On le rencontre à une adresse réelle, sur un site. Il vit dans un espace émouvant. Il tient toujours ses promesses au nom du mystère qui donne au plaisir des images tout son prix.


Régis Roux, décembre 2014.

Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/
Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/

Peintures de Sophie Duplain. Site: http://www.sophieduplain.com/

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 13 Décembre 2014

La branche danse
Devant l’or des pages


Trois feuilles goûtent le blanc
Libre au bout de la sève


Ce qui bouge brille
Comme en réponse à la terre un soir
Parfumée par des cristaux jaunes et des pétales

Toile de Sophie Duplain; 2014.

Toile de Sophie Duplain; 2014.

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Rédigé par Régis Roux

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Publié le 12 Décembre 2014

APRES LE BLEU

(Toile et titre: Sophie Duplain/ Poème: Régis Roux)

La fenêtre recommence
Elle a pris de la neige aux contours

Montagne à plat
Après l’encadrement du large

Quand les récifs deviennent repères
S’étale une autre écume

Changer de page
Ne plie pas l’horizon

Le sommet
Eblouit
Carré pour l’instant

Mais il part déjà des angles
Où le relief du vent se devine










Toile de Sophie Duplain "Après le bleu", texture-acrylique, 80X80. Site:http://www.sophieduplain.com/Calligraphie de Régis Roux.
Toile de Sophie Duplain "Après le bleu", texture-acrylique, 80X80. Site:http://www.sophieduplain.com/Calligraphie de Régis Roux.
Toile de Sophie Duplain "Après le bleu", texture-acrylique, 80X80. Site:http://www.sophieduplain.com/Calligraphie de Régis Roux.
Toile de Sophie Duplain "Après le bleu", texture-acrylique, 80X80. Site:http://www.sophieduplain.com/Calligraphie de Régis Roux.

Toile de Sophie Duplain "Après le bleu", texture-acrylique, 80X80. Site:http://www.sophieduplain.com/Calligraphie de Régis Roux.

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Publié le 12 Décembre 2014

BLEU DE CHINE

(Toile et titre: Sophie Duplain/ Poème: Régis Roux

Quel empire
Par beau temps
Enrichit la soie
Rêve d’une lune
Plus douce encore ?

Créneaux de la grandeur

Le noir est subtil
Qui pousse à tel aveu
Quand le corps se cache
Tente des lames profondes

Une beauté bleue de chine
Imite les fleurs au ciel

Toile de Sophie Duplain "Bleu de chine", texture acrylique, 150X50. Site: http://www.sophieduplain.com/ Calligraphie: Régis Roux.
Toile de Sophie Duplain "Bleu de chine", texture acrylique, 150X50. Site: http://www.sophieduplain.com/ Calligraphie: Régis Roux.
Toile de Sophie Duplain "Bleu de chine", texture acrylique, 150X50. Site: http://www.sophieduplain.com/ Calligraphie: Régis Roux.
Toile de Sophie Duplain "Bleu de chine", texture acrylique, 150X50. Site: http://www.sophieduplain.com/ Calligraphie: Régis Roux.

Toile de Sophie Duplain "Bleu de chine", texture acrylique, 150X50. Site: http://www.sophieduplain.com/ Calligraphie: Régis Roux.

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Publié le 2 Décembre 2014

Le port de Jean-Yves Loude et Némo qui paraît aux éditions Vents d’ailleurs en cette fin d’année 2014 est un texte en prose animé par la révolte. Il l’est aussi par une poésie généreuse.
La voix du narrateur -celle d’un jeune guinéen, Djibril- ne cache rien de la douleur mais aussi du rêve d’atteindre ce port si loin des origines, d’où la solitude à nouveau, d’où le péril qui accompagne l’engagement réel en espérant mieux vivre.
Dès la couverture du livre, le dessinateur donne le ton avec des couleurs éclatantes; on y voit les avions imaginaires de la compagnie aérienne « Petit nid d’oiseaux ».
Puis la lecture commence - « Je cherche à retenir mon nom… »- régulièrement accompagnée soit de grands dessins, soit de ces petites images toujours bleues glissées entre les pages, ces scènes que Djibril collectionne. Le jeune homme partage ses bouts de papier magiques pour lui avec Assa qui est « la promesse d’abondance, la maîtresse des équilibres », surtout « la grande amoureuse »; et la rencontre est telle qu’un départ n’ effacera pas la brûlure profonde et lumineuse entre leurs parcours puisque même après sa mort à lui naîtra un fils -Masadennin- « qui bâtira sur place », répondant ainsi à son « esprit migrateur qui porte par-dessus les océans les bonnes nouvelles. »
Mais l’essentiel est encore ailleurs, et d’abord dans le dépassement d’une beauté bleue. C’est une fête malgré la misère, la solitude. La danse est là. Si le port présente une « illusion bleue », « tout ce qui importe est bleu », c’est-à-dire ce qui fait battre le cœur: le manteau d’Assa, le soleil lui-même, les corsages, les jupes des filles du port, la statue d’une guerrière « dressée sur une jetée qui transperce le ventre de l’océan » et qui est l’image numéro un de la collection; bleus les volets et bleue la robe d’une statue gigantesque, une boule de lumière avant la mort, la fleur au bout de la mémoire, dans un album à la couverture de cette même couleur du ciel fou d’amour.
Ensuite -et cela surgit au fur et à mesure qu’on entre dans la véritable fête en relisant, en regardant de nouveau les dessins éclatants, la silhouette d’Assa exerce une véritable fascination sur Djibril le rêveur, j’ajouterais le délirant avec ce que ce mot peut contenir de dynamisme. En effet, en se racontant, le jeune homme parle d’ une « tumeur onirique », de son rêve comme d’un « animal sauvage gardé en cage ». Assa ne cherche pas à retenir Djibril bien qu’il l’ait vraiment enivrée avec les images du port qui ont « envahi ses yeux ».
Alors elle l’encourage à partir. N’est-elle pas emblable à ces mamaywatas, sirènes qui « attirent les naufragés par de savants mouvements de leurs cuisses et les aspirent à travers leur vagin. Après un séjour dans leur ventre, dont la durée dépend de leur volonté, elles les accouchent en pleurant des perles d’écume » ? Assa, « pire que lépreuse », porte la « marque des exclues » et a été chassée par son mari qui m’accusait d’être stérile. Elle ne deviendra la mère de Masadennin qu’après le départ du père de celui-ci pour un autre monde.
Enfin, ce qui, me semble-t-il, rend cette histoire poétique, attachante, c’est l’attention portée aux objets, aux détails. Djibril bricole du rêve en récupérant ici et là, il couvre avec attention les épaules d’Assa, il la console. Djibril évoque souvent la grande boîte dans laquelle sont conservées ses images et d’ailleurs, l’une des dernières images du récit est une boîte de lait en aluminium dont le contenu est versé par Assa, comme s’il s’agissait de cendres, et sublimé par la fleur bleue dont j’ai déjà parlé plus haut.
Et je trouve que le plus bel objet de cette histoire est le livre lui-même. Plus grand qu’un livre de poche, on croirait presque une bande dessinée, ou plutôt un petit livre repoussant ses limites à force de rêve, de dynamisme. Il faut dire que la langue employée par Jean-Yves Loude est bien belle. Assa se défend en riant.
La brièveté du récit incite à garder bien en mains cette invention de papier coloré, à la revoir en feuilletant à l’envers, un peu comme l’esprit d’évasion malgré tout qui la hante, le sentiment de révolte, le chant d’un univers voisin du nôtre, et qu’auront si bien visité pour nous l’écrivain et le dessinateur.


Le port de Jean-Yves Loude et Némo; éditions Vents d’ailleurs, 2014. 15 euros.

dessins de Némo, 2014.
dessins de Némo, 2014.
dessins de Némo, 2014.
dessins de Némo, 2014.
dessins de Némo, 2014.
dessins de Némo, 2014.

dessins de Némo, 2014.

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